Le supramental

Le supramental n’est pas une forme de spiritualité qui donne l’impression à l’individu d’avoir un certain niveau de pouvoir occulte ou d’avoir été choisi par différentes forces divines. Les maîtres de cercles spirituels ou ésotériques, les chamanes, les gourous ainsi que les grands parleurs charismatiques participent à la période involutive du cheminement humain, c’est-à-dire qu’ils servent à nourrir un système basé sur la valeur des formes plutôt que de déloger les mémoires raciales et millénaires rattachées aux formes. Ainsi, ils sont manipulés par les hautes instances astrales, tout en entraînant gens qui suivent leurs enseignements. Ces forces, en apparence bienveillantes, lumineuses et vibrantes, font partie de l’illusion astrale car elles ne font pas partie du réel chez l’homme mais font partie de son rêve à être illuminé par sa lumière réelle.

L’homme cherche sa lumière réelle, l’homme veut être bien et ressentir une paix réelle, un confort réel, et la spiritualité est la forme astrale ultime qui lui donne une béquille temporaire afin de palier à son incapacité de vibrer aux mouvements de son esprit au quotidien. La spiritualité va donc à contre-courant avec l’intelligence réelle de l’être intégral ayant développé un mental supérieur, soit le supramental.

L’être naïf et en recherche de réponses puisera dans les connaissances qu’il trouvera, autant de nature spirituelle que supramentale, et se construira une forteresse qui devra un jour être détruite par le choc du réel s’il veut toucher à son essence ultime. L’humain bien intentionné mais ignorant des mécanismes régissant sa conscience pourra vivre l’illusion de toucher au savoir, mais il vibrera aux murs de sa forteresse ; une belle et grande forteresse sans fondation sur laquelle il s’appuiera pour avancer psychologiquement au travers des formes de la vie. Le réel de l’esprit devra éventuellement faire tomber ces murs sur lesquels s’appuie l’ego trop coloré, afin qu’un jour l’être puisse dépasser l’illusion derrière laquelle se cachent une insécurité psychologique et une peur de la mort. L’homme qui résultera des chocs de l’esprit au travers du temps sera capable de maintenir des échanges objectifs avec sa source d’intelligence réelle plutôt que de demeurer sa victime qui souffre psychologiquement par ignorance des lois de la vie universelle.

Le supramental ne nécessite donc pas une librairie de connaissances à acquérir, mais plutôt une vibration à saisir lors des événements afin de toucher au réel derrière la forme. La personnalité humaine vibre beaucoup aux désirs subjectifs et a l’impression qu’en accumulant des connaissances, qu’elle pourra se créer un supramental objectif et non teinté de spiritualité involutive. Ceci fait partie des formes à dépasser par intelligence, et l’esprit opposera l’ego à travers ceci dans la mesure où le moment est opportun pour créer le choc nécessaire sur l’ego pour déloger son besoin de croire en quelque chose.

L’humain involutif est tellement rétrogradé dans sa lumière que s’il n’a pas de pilier psychologique ou spirituel, donc une fausse sécurité, il se déphase et se sent diminué ou déprimé – d’où l’importance temporaire de la spiritualité ou de toute forme de soutien psychologique pour l’humain vivant sa vie au niveau expérientiel. Dès que son esprit lui crée un choc, l’humain inconscient proteste et dit que la vie qui ne lui donne pas ce qu’il veut, quand il veut, comme il veut, et que la vie est injuste. L’homme involutif ne comprend pas sa vie, et toute intellectualisation ou comparaison finit par lui laisser un goût amer en bouche… car il demeure sans assise réelle devant la grandeur de son propre esprit.

L’homme de demain écrira graduellement sa vie nouvelle de par sa volonté et son intelligence d’agir face au mensonge subtil qui s’introduit dans son mental et ce faisant, il détruira les assises sur lesquelles sa conscience involutive s’est abreuvée. Son supramental deviendra son nouveau lien avec l’universel, donc un espace vivant et dynamique, et l’homme-fusion intégral et réel naîtra.

— Sandra Vimont, 2010


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