L’être qui parle, l’être qui jase

Quelle est la différence entre l’être qui parle réellement et celui qui jase ?

L’humain qui jase se raconte, raconte ses péripéties, ou alors les péripéties d’un autre, donc expose des formes à autrui. On voit ici la divulgation d’expériences, c’est-à-dire de formes non intégrées, donc dans lesquelles l’humain n’a pas saisi l’intelligence car la densité du voile subjectif domine son mental. Ainsi, la lumière réelle qui sous-tend l’événement n’atteint pas l’ego car ce dernier n’a pas les circuits neurologiques pour l’absorber. L’émotivité colore donc la forme, ce qui veut dire que l’être donne une valeur à l’événement en cours sans en comprendre les fondements réels. Il la raconte donc à autrui, pour obtenir un certain soutien psychologique, ce qui lui donne l’illusion d’une identité car il est appuyé de l’extérieur.

L’être qui parle comprend pourquoi les formes traversent sa vie. Il sait que la forme sert de support pour faire descendre la lumière dans son mental afin d’augmenter son taux vibratoire, c’est-à-dire d’accroître et raffiner sa capacité à toucher au réel au travers les formes traversées. Il n’a pas le besoin de se raconter puisqu’aucune subjectivité ne sous-tend son expérience – il n’a pas besoin d’être approuvé de quelconque façon par un auditeur. La forme ne lui sert plus de plateforme expérimentale involutive dans laquelle l’âme est continuellement nourrie de nouvelles mémoires et expériences et où elle est appelée à se transformer de manière à bâtir de nouveaux programmes, des nouvelles structures, qui seront éventuellement resservis à l’humain pour une évolution future de plus en plus intelligente. La densification des structures de l’âme a ainsi pris fin chez l’homme nouveau qui peut enfin toucher au réel de lui-même et devenir un véritable réceptacle à sa lumière cosmique. Lorsqu’il parle, il le fait en premier lieu pour lui-même. Celui qui l’entend vibre différemment qu’avec l’humain de l’involution car il ne sent pas que l’ego de l’homme nouveau interfère dans le processus de la parole réelle. C’est un processus translucide, fluide et intelligent.

— Sandra Vimont, 2010


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