Les quatre étapes d’évolution de la colère

La colère est une émotion que plusieurs qualifient de négative. Certains vont essayer de la rendre positive en donnant une raison subjective à la forme regardée ; ils spiritualisent la colère. D’autres vont la laisser voler en éclats en accusant autrui, en blâmant l’événementiel, en perdant le contrôle d’eux-mêmes. Regardons la colère de plus près afin de la comprendre davantage.

La colère provient de l’expansion de l’énergie-source de l’homme et ce, au-travers ses plans inférieurs, afin d’amener l’individu à une objectivité de conscience, à une capacité d’observation multidimensionnelle. La colère est donc ultimement évolutive, dans le sens qu’elle devra un jour servir à l’ego afin de dépasser ses anciennes limites subjectives, émotives et mémorielles. La colère est une énergie de haute tension, et l’homme apprendra un jour à la canaliser de manière à en tirer réellement profit, pour lui, plutôt que de la subir psychologiquement.

Le premier état de la colère, que l’on dit involutif ou subjectif, est la colère que manifeste l’ego qui vit la tension de l’énergie-source mais qui n’est pas capable de la vivre de manière à en profiter pour véritablement faire évoluer sa conscience. L’ego la subit, l’extériorise, mais elle demande à être colorée par l’illusion de la forme afin d’être absorbée. Autrement dit, l’énergie doit passer par le plan astral, donc par une programmation, afin d’être rendue par l’ego. L’être ne voit pas que la colère doit servir à le dissocier de l’illusion de la forme, c’est-à-dire de dépasser la valeur qu’il donne aux pensées, soit la désinformation que lui font subir ses pensées, qui elles-mêmes sont reliées à un événement. Tant et aussi longtemps que l’individu vibrera à la forme plutôt qu’au processus qu’utilise son esprit pour s’approcher de lui, il restera naïf et ignorant des lois de son être. C’est pourquoi il a besoin d’utiliser une échappatoire, c’est-à-dire une forme, afin de l’extérioriser.

Il est évident qu’un individu qui positivise la colère est dans une étape de spiritualisation, d’illusionnement de sa conscience. Ceci indique qu’il n’est pas prêt à vivre le réel en lui-même et utilise la fuite spirituelle afin d’apaiser temporairement sa personnalité. Ceci est une illusion qui fait partie de sa programmation et qu’il devra un jour dépasser par intelligence réelle du mouvement de son esprit vers la matière.

Dans la deuxième étape, l’être apprendra à regarder ce qui se cache derrière la colère, une fois qu’il aura « repris ses esprits », donc après que sa conscience ait repris son équilibre face à un champ émotionnel dominant. Il extériorisera ainsi sa colère, car cette énergie doit évidemment être rendue, et il étudiera ensuite l’événementiel afin d’y décoder les rouages psychologiques et mémoriels qui l’empêchent d’avoir une vision multidimensionnelle et objective. C’est toujours l’engrenage de la programmation chez l’être qui crée un frein à sa vision objective, et c’est ce même frein qu’il devra exploiter afin d’en dépasser les effets psychologiques et involutifs sur sa conscience. L’obstacle deviendra le levier !

Le processus d’observation qui se construit graduellement ici peut être faite par un seul individu, ou être fait à deux. Évidemment, dans un tel cas, ces deux personnes devront être dans un processus de conscientisation, donc ils doivent savoir qu’ils sont toujours potentiellement désinformables vis-à-vis les impulsions qui entrent dans leur mental. C’est ainsi que les deux êtres verront que l’événement déclencheur de la colère devra de plus en plus servir leur conscience réelle plutôt que de créer de l’affrontement entre deux personnes de bonne foi. La confrontation résulte toujours de l’absence de compréhension des mécanismes internes de l’homme, donc des lois de l’énergie-source qui descend dans les corps inférieurs de l’homme.

L’étude des formes – qui est faite de manière objective – permet à l’homme de se créer un nouveau centre de perception, qui, graduellement, prendra ampleur. Il ne pourra pas en profiter réellement à ce point, mais il sera en voie de maturation pour utilisation ultérieure. C’est la création d’une nouvelle plateforme qui servira à l’homme intégral et qui sera parfaitement harmonisée avec sa vie réelle. La période que certains appellent l’initiation solaire, ou éveil, commence ici.

En troisième lieu, l’individu arrivera à voir l’empiètement de l’énergie-source dans sa vie, et ce, dès que la tension se manifestera. L’impression d’interférence, due au mouvement d’expansion de l’esprit qui traverse différents plans subtils, causera l’extériorisation de la colère chez l’ego. La valeur donnée à une forme servira de déclencheur, mais l’ego verra le jeu de l’esprit au travers la forme, à travers la programmation, et il s’en révoltera. Le sentiment d’impuissance et de petitesse devant la manipulation apparente de sa programmation le sortira de ses gonds. Cette étape durera aussi longtemps que nécessaire, c’est-à-dire aussi longtemps que les mécanismes régissant les lois de sa vie ne soient pas intégralement compris et intégrés au travers des expériences quotidiennes – et non réfléchis ou interprétés dans son intellect. C’est ainsi que la colère manifestée comme une lutte envers l’esprit ajustera graduellement la conscience de l’homme, qui continuera à décortiquer l’intelligence de son énergie afin de parfaire l’évolution de son ego. Le désir de l’ego n’a pas d’influence sur la vitesse de l’intégration de l’énergie-source dans la densité de son être égoïque, c’est plutôt au niveau des expériences vibratoires que tout se joue.

Évidemment, il reste encore une étape à franchir ici puisque l’ego personnifie son esprit, et perçoit la désinformation comme étant un viol à son mental. L’inachèvement de l’ego crée un débalancement entre lui et son énergie-source, d’où une impression de séparation – et ceci est une illusion ! Lorsque l’ego et l’énergie vibrent différemment, l’ego ne peut absorber la totalité de son énergie réelle – et celle-ci crée l’impression de division. Ceci peut être très subtil à saisir, mais deviendra de plus en plus clair au fur et à mesure que les corps inférieurs de l’homme se seront ajustés à l’énergie évolutive et expansive de l’esprit. Cette jonction transparente entre l’ego et l’énergie-source n’est pas psychologique, ni rationnelle, et ne se commande pas par simple désir de l’ego, d’où certaines formes d’exaspération ou d’inquiétudes qui peuvent être ressenties par la personnalité vivant encore une certaine attente, ou impatience, dues à un ajustement incomplet de ses corps subtils. Ce dernier devra réussir à comprendre le jeu de son énergie-source au travers ces états d’âme afin de transpercer l’illusion qui le voile encore.

La quatrième étape de la colère que touchera l’homme-esprit, ou l’être intégral, ce sera d’utiliser la tension qu’il ressentira dans sa vie afin de l’extérioriser créativement grâce à sa vision multidimensionnelle. Autrement dit, il aura la capacité créative de transpercer l’apparence des formes habitées par la polarité et l’illusion afin d’y faire jaillir le réel. Il aura la clé afin d’explorer le réel de sa conscience, d’étendre les limites de sa conscience, ce qui lui permettra de décoder les différentes formes de programmations qu’il rencontrera. C’est ici l’aboutissement de la colère, sa raison d’être, son intelligence ; la tension créée devient un levier d’expression créative projetée dans le monde.

La souffrance vécue dans le quotidien de cet être sera donc de nature vibratoire, car elle ne sera plus amplifiée par son mental ou par son émotion projetée vis-à-vis la forme. La capacité d’observation multidimensionnelle qu’il aura développée lui permettra de se soustraire aux mécanismes involutifs afin de les utiliser créativement. La tension vécue sera donc canalisée en énergie créative, et l’homme-esprit prendra conscience de lui-même au travers de sa parole.

Si un individu est trop pressé et veut sauter des étapes, il spiritualisera ou psychologisera sa conscience, car sa programmation l’amènera dans des rencarts de son être qu’il ne sera pas capable d’observer avec une objectivité réelle. Il aura l’impression d’être dans la bonne voie, mais demeurera assujetti à l’illusion de la forme. Il se désinformera lui-même, de par sa propre vision colorée.

Toute évolution de conscience demande un certain temps d’intégration, qui peut durer quelques années, voire une vie. Pourquoi ? Parce que ce n’est qu’au travers de l’expérience quotidienne que l’ego peut intégrer ses mécanismes internes – l’étude philosophique ou intellectuelle ne fait que le maintenir dans le statut-quo au niveau de sa capacité de vibrer au réel.

— Sandra Vimont, 2011


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