Vouloir convaincre dénote une absence d'identité propre

Il est facile pour l’être humain de vouloir convaincre autrui que sa façon de faire est la bonne, et d’imposer sa vision sur un autre individu. Cet aspect dominant de l’âme en l’ego brime l’Homme dans le développement de son identité propre, car elle l’assujettit à une structure mentale rationnelle ou intellectuelle, donc à un système mental limité par la croyance. Ce système involutif prend appui sur les insécurités de l’ego qui se voit incapable de reconnaître que son besoin de rationnaliser est dû au fait qu’il n’a pas assez souffert de ses insécurités. Ce mensonge que l’Homme se fait à lui-même provient de sa propre ignorance des lois de la vie, lois qui ne peuvent lui être dévoilées tant et aussi longtemps qu’il n’aura pas arraché son identité propre aux prémisses qui l’assujettissent à moins que ce qu’il est. La vie de l’âme est limitée, et le fait de vouloir convaincre autrui, ou de moraliser autrui, est une extension de la petitesse de l’âme incapable de toucher à l’infinité de conscience à laquelle l’Homme aura droit lorsqu’il aura développé son autorité de conscience devant tout ce qui voudrait le définir.

L’Homme nouveau ne pourra donc plus être défini par l’extérieur, car la lutte pour son identité propre sera plus grande que la résistance qui tentera de le garder dans le cadre limitatif d’une conscience involutive. L’Homme qui a assez souffert d’un manque d’identité reconnaîtra instantanément le piège de l’humain moralisateur, car il en aura fait une lecture complète, soit que cet individu est lui-même piégé par une absence d’identité propre, donc de direction claire face à son devenir. Ainsi, l’Homme nouveau n’acceptera pas de se plier aux systèmes de croyances d’autrui, mais luttera dans un mouvement qui lui permettra de continuellement se redéfinir, et ce, au travers un besoin de liberté si grand qu’il fera éclater toute forme tentant de le limiter dans ce qu’il sait qu’il doit être.

— Sandra Vimont, 2012


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