Le passage de la mère vers la femme

De la mère devra naître la femme. En passant de la mère vers la femme, cette entité cosmique laissera sa trace sur la toile universelle de l’identité de la Terre car elle aura passé de l’âme à l’intelligence. Dès lors, la mère devenue femme pourra à son gré faire une lecture précise des contours mémoriels de l’âme. À ce temps, il sera aisé pour elle de mettre de côté le statut de mère qu’on lui a imposé car elle aura la volonté de révéler les mémoires qui l’ont forcé à rester à l’intérieur des forces involutives de l’âme.

La mère est une réalité de l’âme, et ne connaît pas l’esprit. Son corps émotif la voile dans le regard qu’elle a sur la vie. Trop souvent, elle n’a pas de yeux réels pour dénoncer les traits caractériels de l’âme, car ceux-ci sont aveuglés par la dimension de vie qui la confronte à rester mère. Elle veut être une bonne mère, et fait ce qu’elle peut pour vivre une vie en équilibre avec ses valeurs, et avec ses enfants. Elle trépide avec les hauts et les bas de ce que la vie lui présente, et fait son possible pour bien gérer les formes qu’on lui présente ; ses bras sont pleins. Sa manifestation face à la vie demeure sans issue réelle car elle est incapable de dévoiler le mensonge lié à son émotivité ainsi qu’à ses liens affectifs qui la soumettent à vivre une vie autre que celle liée à sa liberté de vie universelle. Car ne l’oublions pas, la femme fera toujours passer ses enfants avant sa propre réalité, sa propre liberté. Par contre, le jour viendra où la mère souffrira de manière aiguë du manque de liberté à l’intérieur de sa conscience de femme. Pour cette raison, elle fera sauter son statut limitatif de mère, et deviendra femme entière.

Lorsqu’entière, la femme fait ce qu’elle doit faire par vibration plutôt que par habitude, par réflexion ou par émotion. Elle sait qui elle est et où elle s’en va ; sa vie est définie selon des paramètres universels plutôt que sociaux ou mémoriels. Assise dans sa conscience intelligente, elle possède la structure mentale requise afin de voir et prendre action sur l’éducation que requiert le fait d’amener un enfant à l’autonomie. C’est cette ligne directrice, solide, qu’elle aura à arracher dans la colère froide de sa souffrance, lui permettant ainsi de ne plus se laisser berner par les forces animiques de l’âme.

La femme entière est sciente du rythme et de la structure nécessaires en sa conscience et dans sa vie, ce qui permet ainsi aux enfants de se développer sous le couvert de sa vibration fortement définie. Sa présence continue avec elle-même lui permettra de rester un pas en avant des situations ; il sera donc aisé pour elle d’ouvrir la marche pour ses enfants, de leur montrer le chemin et ses contours, c’est-à-dire de donner plus ou moins de latitude à ces derniers, selon le moment. Prestement, pourvue d’une vision claire et d’une parole libre de la crainte, elle saura protéger l’harmonie, le calme et le bien-être de sa vie – et celle de son couple si elle est en couple.

Somme toute, la femme est synonyme de douceur, de féminité, de générosité et de légèreté, et manifeste qui elle est au travers sa conscience intelligencée. Elle sait que sa vie ne peut être centrale ou intégrale sans qu’elle ait une présence mentale continue avec qui elle est en tant que femme. Qu’elle soit avec un enfant ou non, la femme qui vit à l’intérieur de sa conscience continue ne perd jamais de vue la pierre angulaire de son incarnation, soit sa liberté de vie universelle, donc l’expression inhérente à son esprit.

— Sandra Vimont, 2012


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