Les habits de l’ego

L’être humain vit sa vie quotidienne en ayant l’impression d’avoir un libre arbitre, et donc des choix à faire, car il bénéficie de la latitude d’action propre à une lumière psychique diffractée. En d’autres termes, il peut se mouler à différents mécanismes psychologiques pour contrer son incapacité à absorber sa propre lumière qui provient des hauts plans de sa conscience. Il se vêtit donc de différents habits qui correspondent à la programmation involutive de son âme, plutôt que d’habiter sa lumière prépersonnelle et sa personne réelle.

L’incapacité de l’ego à ne pas croire les pensées qu’il reçoit maintient la déviation de l’énergie prépersonnelle en lui, ainsi que son illusion du libre arbitre. Le réflexe involutif de croire les pensées apporte à l’être humain une grande sécurité psychologique en lui permettant de ne pas avoir à remettre en question les structures involutives qui ont maintenu la Terre en quarantaine depuis des millénaires. Il se laisse donc porter par des énergies qui ne correspondent pas au réel de la vie, mais aux énergies de qui il pense être. Cela crée une pollution immense sur la Terre, autant dans les corps subtils humains que dans les différents plans de conscience qu’il habite, car le réel de qui il est ne parvient pas à pénétrer son ego sans être pollué de mensonges.

La pollution qui est générée se cristallise au fur et à mesure que l’ego tombe dans les pièges de la croyance plutôt que d’accepter de lever le voile sur qui il est réellement. Avec le temps, les formes se densifient, ce qui laisse sous-entendre qu’il devient de plus en plus difficile de percevoir le réel à travers l’opacité des formes mensongères qui abondent sur le globe. Ces formes colorées forgent les habitudes des egos inconscients – habitudes qui véhiculent toujours un malaise profond qui reste occulté dans l'individu. L'ego tend à interpréter la fuite psychologique comme étant une valeur sure pour éviter de regarder son malaise, sans réaliser qu'elle l’amène toujours vers une voie sans issue.

Un ego qui ne s’habite pas réellement se vêtira de comportements subjectifs pour fuir ce qu’il ne veut pas voir en lui-même, soit la réalité qu’il souffre continuellement de quelque chose qui dort en lui et dont il ne comprend pas la véritable nature. Cette fuite prend la couleur d’un comportement de séduction mal placé, d’une tentative de prise de pouvoir sur autrui, d’un manque d’écoute, d’un blâme porté sur autrui, d’un besoin de représailles, d’un besoin de fuir la réalité, d’un manque de considération pour l’autre, d’un sentiment d’être supérieur à l’autre, etc.

L’ego devra un jour parvenir à se dévêtir de manière à être le reflet parfait de son esprit et de l’Esprit universel en lui. La difficulté qu’a l’ego de se défaire de ses anciens habits subjectifs est proportionnelle à son incapacité à se mettre à nu devant lui-même et à s’étudier avec franchise, transparence, sans juger ni blâmer, sans empiéter sur la sensibilité d’autrui. Cette mesure peut servir de repère pour l’ego, à savoir si sa façon d’agir correspond à ce qui est attendu de lui à l’intérieur de sa multidimensionnalité de conscience.

— Sandra Vimont, 26 décembre 2017


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